Hébergement

Le pôle hébergement de Terre d’Ancrages met en lien des personnes en recherche d’un hébergement avec des hébergeur-euses solidaires à Lyon et aux alentours. Nous recrutons toujours des hébergeur-euses ainsi que des bénévoles pour aider à organiser ce réseau, et à accompagner les personnes hébergées comme accueillantes !

Si vous êtes intéressé.e pour devenir bénévole ou hébergeur-euse, contactez ancrages.hebergement@protonmail.com.

L’hébergement chez l’habitant, présenté par celles et ceux qui le vivent et le font vivre au quotidien. Une petite vidéo pour présenter le système d’hébergement proposé par Terre d’Ancrages et répondre à vos questions.

Les prochains rendez-vous, pour nous rencontrer ou nous retrouver, pour vous informer, discuter, nous faire des suggestions, vous engager comme bénévole ou comme héergeur-euse, ou simplement en savoir un peu plus, vous pouvez venir aux Apéros de l’hébergement:

📆 Mardi 7 mai, 19h : Apéro de l’hébergement

Pour plus d’informations, vous pouvez télécharger ici un petit document de présentation, ainsi que le compte-rendu de la réunion de réflexion sur l’hébergement :

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Petit point sur la situation lyonnaise

A Lyon, la situation en termes d’hébergement pour les sans-papiers et demandeur-euses d’asile est terrible. Son attractivité comme grande ville pleine d’opportunités et sa proximité avec la frontière italienne en font une de villes où se concentrent le plus de personnes migrantes en France ; par ailleurs, la région Auvergne-Rhône Alpes est celle où le plus de personnes ont été relocalisées suite au démantèlement de la jungle de Calais, fin 2016. Or, les structures d’accueil officielles à Lyon sont saturées : ainsi, alors que la loi prévoit un dispositif d’accueil, nombreuses sont les personnes en demande d’asile qui n’ont pas accès à une place en Centre d’Accueil pour Demandeurs d’Asile (CADA). De longues listes d’attente sont mises en place sur le critère de la vulnérabilité, prenant en priorité les familles, et ainsi les personnes seules ou jeunes peuvent attendre plusieurs mois avant d’avoir accès à un hébergement.

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La région Rhône-Alpes, une des principales régions de demandes d’asile, où la nécessité de créer des structures d’hébergement est une des plus brûlantes.

Par ailleurs, comme partout en France, les personnes dublinées (obligées de retourner dans un autre pays de l’Union Européenne) ou déboutées de l’asile (dont la demande a été refusée) se retrouvent à la rue et sans solution. A Lyon, ville de prédilection de Gérard Collomb, la répression envers les personnes clandestines est particulièrement féroce : fermetures de squats et d’hébergements informels même pendant la trêve hivernale, harcèlement des sans-abris en démantelant régulièrement les camps informels, arrestations systématique par la police… Ces dispositifs visent à décourager les immigré-es de rester en France en les poussant à quitter le territoire par elle-même. Ainsi, des centaines de personnes très vulnérables (dont des familles avec bébés, femmes enceintes, etc), dans toutes les situations juridiques imaginables, se retrouvent à la rue, en plein hiver, sans aucune solution. En effet, les structures d’hébergement d’urgence sur critère sociaux, comme le 115, les CHRS, sont elles aussi saturées.

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Départ des albanais des archives départementales, suite au énième démantèlement de leur campement par les forces de l’ordre, (été 2017). Source : le Progrès

Face à cela, des mouvements citoyens se mobilisent : ouvertures de squats et hébergement solidaire chez les particuliers sont les principales solutions à la disposition des personnes qui, à Lyon, cherchent à pallier au manque de structures d’hébergement officielles, sans cesser de dénoncer l’indifférence des pouvoirs publics à cette question.

L’hébergement à Terre d’Ancrages

C’est ainsi que le réseau d’hébergement solidaire de Terre d’Ancrages est né à l’hiver 2016, organisé au départ sur le mode de l’urgence et de la mobilisation aléatoire de bonnes volontés, autour des personnes vulnérables rencontrées à la Croix-Rouge. Au total, 44 personnes ont pu être hébergées ainsi, temporairement, dans 25 foyers d’accueil, en attendant une situation plus durable.

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Dîner chez Alice et Auriane, hébergeuses au printemps 2017

Fin 2017, Terre d’Ancrages a décidé de structurer le pôle hébergement pour mettre en place un système plus durable. L’association co-finance ainsi 3 colocations solidaires, permettant à trois personnes d’avoir une situation stable qui leur permet de s’intégrer réellement dans la ville de Lyon.

Par ailleurs, l’association a décidé de ne plus s’occuper des question d’hébergement d’urgence (sur des créneaux de 2-3 jours), préférant laisser ce soin à d’autres associations similaires à Lyon, notamment l’Ouvre-Porte, qui est mieux organisée dans ce domaine  (nous vous invitons à consulter leur blog sur ce lien).

Nous organisons l’accueil de personnes sur des périodes allant de quelques semaines à plusieurs mois, en alternance entre deux ou trois foyers d’hébergement (roulement toutes les deux semaines environ). Ce fonctionnement permet à la personne hébergée de bénéficier d’un semblant de stabilité, en connaissant bien ses hébergeur-euses et pouvant trouver ses marques au sein de foyers. Cette organisation permet également aux hébergeur-euses de pouvoir prendre des pauses régulièrement s’ils le souhaitent, et se reposer sur d’autres personnes accueillantes.

Souvent, quand une entente et une complicité se mettent en place entre les hébergeant-es et hébergé-es, les premiers décident de garder la personne chez elle en continu : leur cohabitation se fait alors sur le mode de la colocation solidaire, qui est le modèle que nous cherchons à encourager. En effet, outre la stabilité matérielle et psychologique qu’il offre aux personnes en situation très précaire, ce modèle permet aussi aux personnes migrantes de se créer un nid, de se sentir à l’aise, en ne les obligeant pas à constamment se réadapter à des environnements différents.

Nous considérons à Terre d’Ancrages que la chose la plus importante est la création de liens, parfois temporaires mais solides, entre les personnes de tous horizons : car en effet, beaucoup de personnes ayant accueilli des gens chez elles peuvent se sentir seules dans leur démarche quand elles ne sont pas soutenues par une association. C’est pourquoi nous insistons sur la dimension de réseau : apéros du pôle hébergement, mise en lien des hébergeurs entre eux, accompagnement des personnes hébergées par d’autres bénévoles de l’association, sont autant de moyens de se connaître personnellement les un-es les autres, et de nouer des liens individuels, qui nous enrichissent mutuellement. Ainsi, l’hébergement va de pair avec les autres activités de Terre d’Ancrages : le pôle « événements », le pôle « activité », proposent en effet des lieux et des occasions de faire des choses ensemble, diverses et festives.

Enfin, nous essayons de multiplier les contacts avec d’autres associations et collectifs lyonnais (Singa, la Cimade, RESF, l’Ouvre-porte, l’Appartage, le mouvement « Amphi C solidaire ») afin le petit réseau d’hébergement de Terre d’Ancrages soit inséré dans le grand tissu associatif et militant lyonnais : pour organiser la solidarité dans un tel contexte, la coopération est en effet indispensable !

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Apéro du pôle hébergement, janvier 2018

Si vous souhaitez plus d’informations, des témoignages, des conseils aux futur-es hébergeur-euses, nous vous invitons à télécharger ce document :

Livret Hébergement

…. et à nous poser des questions par mail (ancrages.hebergement@protonmail.com) ou par Facebook, nous serons ravi-es de vous éclairer !

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