Soutien aux squats

Depuis septembre 2018, la branche « Soutien aux Squats » remplace la branche « Maraude » : au lieu de cuisiner et de distribuer des repas chauds dans la rue, nous nous concentrons désormais sur le soutien aux personnes migrantes logées dans des squats de Lyon et sa banlieue. Après avoir pris contact avec différents lieux et sondé les besoins, nous avons lancé plusieurs actions l’année dernière : soutien alimentaire, logistique, matériel, scolaire. Cette année, nous apportons plutôt un soutien logistique et nous tentons de faire circuler les informations.

Les objectifs :

  1. Apporter une aide d’urgence ponctuelle et rapide dans un squat en cas de besoin exprimé directement par les personnes habitantes et référentes du squat;
  2. Pouvoir apporter une aide d’urgence rapide dans plusieurs squats lyonnais;
  3. Accompagner les squats dans leur autonomisation notamment en communiquant des informations aux squats sur les différentes activités culturelles/accès aux droits/soutien juridique/cours de langue etc gratuits sur la ville de Lyon.

Les actions concrètes :

  • Nous développons et enrichissons un réseau de récup’ pour pouvoir intervenir; 
  • Nous nous réunissons régulièrement (pour une visite dans un squat / pour une réunion mensuelle) ; 
  • Nous travaillons au réseautage avec les différents collectifs/asso qui interviennent en squat pour le partage d’information; 
  • Nous distribuons suivant les besoins: au  »40 » où nous focalisons notre action sur la distribution de produits d’hygiène et besoins des enfants en bas âge; 
  • Nous avons mené une évaluation des besoins dans ce squat; 
  • Nous prévoyons élargir nos visites à d’autres squats lyonnais; 
  • Nous avons formé des secteurs au sein du groupe de soutien: secteur vêtements, hygiène, nourriture etc 
  • Nous avons mis en place un doodle pour – liste des besoins – ressources – contacts

  • Le soutien alimentaire : notre partenariat avec l’association de l’ENS EnvertS nous permet de récupérer, chaque mardi soir, d’importantes quantités de légumes bios, fruits, fromages et pain frais que nous allons livrer dans un squat. De plus, la collecte organisée à l’ENS et à la Maison des Étudiants nous a permis de rassembler de nombreux produits (nourriture, couvertures, vaisselle, produits d’hygiène…) que nous répartissons entre les différents squats selon leurs besoins. De façon plus ponctuelle, nous avons aussi pu récupérer d’importantes quantités de fruits et légumes par le biais de l’association Récup&Gamelles, ou encore des plats tout préparés par le Club’ouf de l’ENS de Lyon.
  • Le soutien scolaire au squat de la Croix Rousse : nous organisons des séances de soutien scolaire en groupe ou en suivi individuel pour des enfants et adolescents. Cela peut aussi prendre la forme de discussions sur des sujets et matières variées, pour celleux qui ont suivi des études supérieures mais ont dû les abandonner à leur arrivée en France. Nous allons aussi pouvoir récupérer de nombreux livres grâce aux dons de la bibliothèque municipale de Part-Dieu.
  • Nous mettons aussi en contact les personnes migrantes des squats avec les branches « ateliers », « sorties » et « événements festifs ».

  • Nous avons rejoint un mouvement de soutien à Clavières, où un important squat a été expulsé le 10 octobre dernier.

    La branche Soutien aux squats ne pousse que grâce aux bénévoles : n’hésitez-pas à vous manifester si vous voulez donner un petit coup de main ponctuel, un gros coup de main régulier ou si vous avez des suggestions

                          

Un texte sur la situation au Collège Maurice Scève, qui accueille de jeunes hommes depuis quelques mois, rédigé par un membre du collectif de soutien :

Après quatre mois d’occupation de l’ancien collège Maurice Scève à la Croix Rousse par plus de 150 jeunes migrants, si les conditions de vie s’améliorent un petit peu, grâce surtout à l’auto-organisation des habitants, à la solidarité du voisinage et du collectif de soutien à ces jeunes mineurs isolés qui dormaient dehors dans les pentes cet été, cela reste très précaire dans le froid de l’hiver. Si, après trois mois de sollicitations, la Métropole de Lyon a enfin installé des chauffages électriques dans un bâtiment sur trois cette semaine et a livré 9 douches (chaudes, enfin !) et WC, nous estimons que l’on est loin du compte alors que cette institution a l’obligation légale de prendre en charge les jeunes mineurs isolés et leur assurer une vie digne.

Parce que certains de ces jeunes attendent depuis des mois cette prise en charge.
Parce que les délais sont les mêmes pour les scolariser.
Parce que les soutiens en ont marre de voir la Métropole trainer continuellement des pieds et se reposer sur eux pour faire leur boulot à pas cher.
Parce qu’il faut que cesse cette immense gâchis d’une jeunesse qui ne demande qu’à étudier, se former, travailler et que l’institution, au mépris de la loi et de la déclaration des droits de l’enfant, abandonne à son sort dans des conditions indignes.
Parce que David Kimelfeld, notre maire du 4ème et président de la Métropole, qui a beau jeu de se présenter comme plus humain que son célèbre et sinistre prédécesseur, nous a fait savoir ce matin qu’il ne ferait pas mieux qu’une douche pour 20 personnes, ni ne ferait de travaux supplémentaires pour assurer le chauffage et l’eau chaude dans les deux autres bâtiments qui servent de refuge.
Parce que ces jeunes forcent l’admiration par leur courage, par leur capacité à s’organiser pour gérer le lieu, par le périple effrayant qu’ils ont entrepris pour devenir nos voisins de quartier.
Parce que ce matin, en sortant de la mairie, Mouhamed, nous a dit ce qui suit, citant le roman qu’il écrit :
Nous avons appris à voler dans le ciel comme les oiseaux,
nous avons appris à nager dans les océans comme les poissons,
mais nous ne savons toujours pas marcher sur cette terre comme des frères.


Quelques photos des collectes :

Quelques photos des maraudes :